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samedi, 25 août 2007
I'm back, I'm back, you know it
Rhhhâââââ... Rien de tel que deux œufs cocotte au foie gras pour vous réconcilier avec un retour au pays !!!
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vendredi, 24 août 2007
Nota Bene : apprenons l'hebreu
Pour vos prochains voyages, ou votre culture personnelle, ou les deux, sachez qu'en hebreu, "@" se dit "strudel" et "telephone portable" se dit "pelephone". "File d'attente" et "patience", en revanche, ne semblent pas avoir d'equivalent.
18:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
This is the end
Gros snif puisque demain je retrouve grisaille, fraicheur et pluie, cocktail sublime servi frappe depuis le 6 mai dernier...
Ce matin, il faisait tout grisou. Bon je suis quand meme allee me baigner dans la mer, mais c'etait un vrai temps de fin de colo. Et puis vers 10h30, le soleil a fini de percer les couches de nuages et de pollution pour nous offrir une journee normale.
J'ai continue a user mes semelles pour aller refaire un tour a Jaffa, de jour cette fois-ci. J'ai aussi trouve une terrasse canon dans Newe Zedek, a l'ombre de vieux et grands arbres. Un masseur a voulu me masser, un graphologue me graphologuer, une estheticienne m'esthetiser : un(e) seul(e) a gagne.
Il y aurait encore beaucoup a raconter alors puisqu'aussi bien mon taxi n'arrivera qu'a 2h30, je m'y colle.
A l'aeroport de Tel Aviv, la premiere nuit, un enfant a lache deliberement le ballon, rose, qu'il tenait par une ficelle. Le ballon a lentement derive jusqu'a une dame assise un peu plus loin qui, dans un premier temps, a fait mine de rien. Et comme le ballon ne lachait pas l'affaire, elle a fini par l'adopter.
Connaissez-vous les ascenseurs cachers? Ils sont l'une des conditions sine qua non pour qu'un hotel soit agree par les orthodoxes. Et du vendredi soir au samedi soir, les ascenseurs, a la montee comme a la descente, s'arretent automatiquement a chaque etage pour que personne n'ait besoin d'appuyer sur le bouton.
Mais meme les orthodoxes ont leur fantaisie. Alors que je decouvrai le Mur des lamentations tres tot un matin, j'observais cette petite foule tout droit sortie d'un shtetl du 19e siecle, quand j'en vis un tout vetu de noir, chapeau a larges bords, serrant son chale de priere sous son bras et les pieds chausses... de crocs orange vif...
Un jeune Allemand racontait sa journee a un jeune Hollandais un soir a l'auberge de Jerusalem Est. Il avait tente, en vain, de parlementer avec un garde de l'esplanade des Mosquees pour y entrer. Dans le cours de la conversation, la garde lui avait demande de quel pays il venait : "Oh, je suis vraiment desole de ne pas pouvoir vous faire entrer alors. J'adore les Allemands : vous avez fait un si beau boulot avec les Juifs !" Glace, le jeune homme dit au revoir et poursuivit son chemin.
Naomi, qui, par ailleurs et si on la laissait faire, considererait que c'est a cause de Jacques Chirac qu'Eve a croque la pomme, croyait que les Galeries Lafayettes se situaient boulevard Silbermann. Comme je lui disais qu'il s'agissait du boulevard Haussmann, elle haussa les epaules : "Oui, c'est aussi un Juif".
Il faudrait aussi vous raconter cette Japonaise qui parlait couramment l'hebreu et l'arabe, raconter, en arabe, a un mome fascine ce qui, d'apres ses gestes, etaient des histoires de maquillage.
Et cette femme russe, au Citadel, qui, a ma connaissance, ne quitta pas de la journee ni de la nuit, le toit de l'auberge, assise dans un coin, silencieuse, protegee du soleil par des couvertures disposees comme une tente sur les rambardes. Ce jeune et solide Americain, au comptoir d'une autre auberge, a Haifa, qui avant de confirmer sa reservation voulait savoir "tout ce qu'il y a a savoir sur la securite" parce qu'une dispute entre des commercants voisins l'avait sufisamment effraye pour attendre un quart d'heure avant d'entrer dans l'auberge.
La femme mi sociere mi pepette du samedi soir sur le retour derriere laquelle j'etais assise dans un bus et qui machait ses petits pains de telle facon que sa bouche disparaissait pour laisser le menton et le bout du nez se toucher.
Ou encore Avi qui, du haut de ses 26 ans, affiche un CV impressionnant ; fermier, pecheur en mer, peintre en batiment, cuisinier, prospecteur telephonique, constructeur en scenes de spectacles... Et j'en oublie surement.
18:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 23 août 2007
Ou l'on ne detesterait pas que Margaret parte plus tot que prevu pour Madagascar. Tout de suite, par exemple.
Si l'on s'en tient a sa coiffure, Margaret est la fille d'un footballeur allemand et de Louise Brooks.
Ses cheveux sont d'un blond que bien des bles jugeraient insolent. La frange suit scruouleusement la base inferieure des sourcils puis s'enroule autour des tempes en deux avortons d'accroche-coeur. Presque tout le reste de la chevelure est long et forme un chale sur ses epaules. Toutefois, au sommet du crane, le coiffeur a eu l'idee de couper court quelques cheveux qui forment ainsi une couronne de picots bien dresses vers le ciel.
Et Margaret parle sans pause ni transition.
De son fils etudiant en psycho, poete et batteur. Deson apprentissage de la meditation. De sa mere. D'un moine bouddhiste qui en pincait pour elle et incidemment gagnait sa vie comme gourou d'un dictateur birman. De la fois ou elle quitta son corps pour aller survoler la plage de Goa. De sa mere. D'un procureur malien rencontre sur un bateau tandis qu'il rejoignait sa nouvelle affectation et qui voulait l'epouser. Du conte de fee qu'elle a ecrit et ou sa mere tient le role de la sorciere. De son premier amoureux : elle avait 11 ans, il en avait 15 ; elle partait pour Israel, il restait en Pologne. De son enfance cachee sous une fausse identite catholique. D'un corus de catechisme ou on l'envoya au coin parce qu'elle avait demande si Jesus etait marie. De la colonie de vacances ou, envoyee a 8 ans, elle refusait de parler aux autres enfants parce qu'elle ne parlait pas aux "sales Juifs". De l'armee a 16 ans pour echapper a un mariage avec un vieux. De sa mere. Du carnaval de Vera Cruz. De la ceinture extraplate pour cacher son passeport et son argent, que j'aurais du acheter, que je peux encore acheter, que je devrais acheter. De sa mere
17:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 22 août 2007
Rencontrer Margaret
Elle etait la lorsque j'ai debarque de l'aeroport la premiere nuit. Elle est encore la tandis que je reviens a Tel Aviv pour trois jours avant de reprendre l'avion.
Elle est israelienne, et aussi polonaise, et encore ex-go go danseuse, ex-actrice, ex-modele pour peintre americain, mais aussi poete et enfin globe-trotteuse. Elle se souvient de la France des annees 60 alors qu'elle ecumait les casinos aux bras d'un homme marie parti pecher et heureux d'avoir "attrape une sirene". D'ailleurs, les policiers de Pondichery aujourd'hui ont d'apres elle le meme uniforme que les policiers francais a l'epoque. Elle rit aux larmes en racontant un conte indien d'une jeune femme sentant son amant en passe de la quitter, faisant installer un filet au fond d'un puits pour simuler un suicide et stimuler la flamme de l'ingrat. Elle raconte ses amants maliens, quelques aventures thailandaises, son souhait d'aller a Madagascar, ses regrets de ne jamais voir son fils, installe a Seattle.
Elle avait herite d'un bel appartement a Tel Aviv mais afflige d'une voisine qu'elle considerait comme une sorciere. Elle a vendu l'appartement et pour la moitie de la somme en a achete un autre, a Eilat, qu'elle loue. La deuxieme moitie de l'argent lui permet de financer ses voyages... et ses seances d'acupuncture a Tel Aviv.
Elle a connu un Bedouin qui avait apprivoise une dauphine (la meuf du dauphin). La dauphine en question est rapidement devenue la vedette du village, qui erigea en son honneur une statue sur la place centrale. Elle eut un petit, qui mourut. Elle rapportait tellement d'argent avec les touristes, qu'elle faisait vivre tout le village. Et puis un jour, elle n'est plus revenue. Le village s'est vide, reste la statue. Dit-elle.
17:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 20 août 2007
Le lundi au soleil
Arrivee de (trop) bon matin a Akko, je restai perplexe un temps tout en buvant un cafe a une terrasse deserte, puis decidai de me la jouer touriste pur sucre histoire de me donner "a sense of direction". J'achetai donc les tickets d'entree aux diverses (et d'un interet souvent contestable) attractions de la cite, echangeai mon passeport contre un audio-guide, tentai d'aguicher le premier Barcelonais venu, en vain, et embarquai, dubitative, pour cette aventure toute relative. Une heure et demie d'audio-guide plus tard, j'avais sagement oublie toutes les savantes explications et preferais n'ecouter que mon estomac affame.
C'est alors que survint Jamal. Ne le 29 juillet 1967, sujet de sa Gracieuse Majeste britannique tout autant que citoyen israelien, coulant des jours pas malheureux a Leeds ou il exerce la profession de gardien de prison. Chaque annee, il regroupe ses 4 semaines de conges au mois d'aout pour revenir dans cette ville ou il a grandi.
D'abord, et pour 20 shekels, j'ai droit au "meilleur shawarma" d'Akko, servi avec forces salades et falafels. Puis the a la menthe dans une gargotte nichee contre les remparts a l'ombre des grands arbres. La suite est plus sportive et nous voila gambadant (euh... surtout lui) sur les remparts d'ou, enfant, il sautait dans la mer pour epater les touristes. Et puis le caravanserail, la mosquee Al-Jazzar, la citadelle et sa potence toute britannique, le souk (of course) ou mon guide m'offre une bague. Il connait chaque vendeur de jus de fruits (j'ai droit au passage a un verre, jus de grenade, jus d'orange, jus de citron-raisin...), me presente son ami d'enfance, le poissonnier.
Apres moult jus de moult fruits et quelques thes a la menthe, une derniere pause sur une plage ou se baignent une dizaine de momes, un vieux tout a fait antique et un cheval pur-sang.
Jamal me raccompagne au bus qui arrive juste a ce moment-la: il faut courir, au revoir! Merci!
Ben voila: c'etait cadeau...
22:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 19 août 2007
En direct d'une auberge ou l'accueil est assure par un gars d'une beaute....
Je suis a Haifa et non, non, non: je n'irai pas sur la tombe de Mike Brandt. Pas la peine d'insister.
Ici, tout n'est pas seulement ecrit en hebreu... Tout est aussi ecrit en russe! Ce qui m'arrange grandement, n'est-ce pas.
Au revoir Charybde, bonjour Scylla!
Sinon, la ville est jumelee avec Marseille et ce n'est pas
pour rien.
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vendredi, 17 août 2007
Schlomo
Il m'a demande l'heure. Puis d'ou je viens. Lui vient de Tel Aviv, il est a Jerusalem depuis deux jours et n'est "pas aussi religieux qu'[il] en [a] l'air". Il porte le costume noir, la chemise blanche, la kippa et le chapeau a larges bords de rigueur chez les orthodoxes, les franges de son tallit sont apparentes. Cela merite bien de s'asseoir dans un jardin public et de laisser les moustiques me bouffer les mollets pendant qu'il raconte son histoire.
Ses parents sont arrives d'Iran quand ils etaient enfants. Lui est ne a Tel Aviv, le deuxieme d'une famille de 5 enfants. Il est alle a l'ecole, a etudie les maths et la physique, a fait ses 3 ans d'armee. Et puis ses parents sont devenus pieux, orthodoxes et ont entraine tous leurs enfants dans l'aventure. Et le voila "etudiant en judaisme" et barbu. Il me montre sa photo sur sa carte d'identite : "Tu vois : je suis meconnaissable!"
Il trouve que les vetements qu'il doit porter ne sont pas adaptes a ce pays. Quand il s'eloigne du centre ville et ne risque plus de rencontrer quelqu'un de son ecole, il tombe la veste. Il obeit. Mais il ne sait pas pour combien de temps encore. Il est a la croisee des chemins : soit il passe "de l'etude du judaisme a la pratique", et devient rabbin ; soit il arrete tout cela. Et a peu pres a coup sur est renie par sa famille. Personne dans sa famille ne se pose ce genre de questions et ne lui semble pouvoir les comprendre. Personne non plus dans son ecole a qui il peut se confier, estime-t-il. Ce type est totalement seul au moment de devoir faire un tel choix. Il ne sait meme pas s'il a "l'ame assez large" pour faire un bon rabbin.
Il me demande pourquoi il y a autant de touristes francais cette anne. Je l'ignore. "D'habitude, c'est plus varie, meme si bien sur, il y a toujours une majorite d'Americains. D'ailleurs, il y a des gens qui se disputent pour savoir si Jerusalem doit appartenir a la Jordanie ou a Israel. C'est pourtant simple : Jerusalem appartient aux Americains!"
09:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 16 août 2007
La routarde me monte au nez
Aaaaaah.... Dormir sur le toit d'un edifice vieux de 700 ans, au coeur du quartier armenien de la vieille ville de Jerusalem...! La vue a 360 degres sur les toits, les domes et les clochers. Le plafond etoile, le lever du soleil, le chant du muezzin, le son des cloches...!
Et le matelas gorge d'humidite, le duvet tout trempe, le froid, le vent, les chats qui se battent, les chattes qui les appellent, le chant du muezzin a 4h du matin, le son des cloches a 6h du matin...!!!
Et au milieu de tout cela un theoreme nouveau que probablement seules les lois celestes de la thermodynamique sauraient demontrer: quand tout est trempe sur un toit, l'interieur de mes chaussures reste sec. On trouve forcement a se rejouir en ce bas monde.
07:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 15 août 2007
Rencontres
Aouni m'interpelle alors que je viens de passer la porte de Jaffa. Il est guide pour touriste, veut me montrer la vieille ville "comme je ne l'ai jamais vue". Une fois etabli le fait que je ne veux pas de ses services, la conversation peut commencer. Et se poursuivre autour d'un the a la menthe.
- Qu'est-ce que cela veut dire de savoir depuis combien de temps ma famille est de Jerusalem? Ou si je suis musulman ou chretien ou autre chose? Peut-etre il y a 200 ans j'etais juif! Alors! Les franciscains ou les imams, ils veulent tous la meme chose: qu'on leur donne de l'argent. Tu vas a la mosquee et tu donnes pas, soit-disant tu n'es pas un bon musulman. Mais eux, ils font la lecon toute la journee et apres c'est eux que tu vois jeter leurs papiers par terre ou cracher.
Devant l'auberge, David fume une cigarette. Il a quitte Edimbourgh il y a 3 mois. Il a pris un bus. Il est passe par Paris, par l'Espagne, par l'Italie, la Grece, et ainsi de suite. Il alterne marche et bus. Il est venu a pied a Jerusalem depuis la Mer Morte. Si tout se passe comme il veut, il part demain dans le Sinai. Et apres? "Je verrai. Je ne suis pas presse. J'ai fait en sorte de ne pas avoir besoin de rentrer a Edimbourgh. J'ai travaille dur pendant des annees. Maintenant, je prends mon temps." Je dirais qu'il a dans les 45 ans.
Parait que je suis sa premiere cliente et je me dois donc de lui porter bonheur. Khaled fume cigarette sur cigarette, a survecu a 3 divorces, et une de ses belles-meres se fait operee aujourd'hui. Il parle parfaitement francais: "J'ai vecu en France. A Paris, metro Convention. Mais surtout a Lyon." Et il faisait quoi la-bas? "Ohh... Je depensais mon argent avec les putes."
Il est allemand et raconte sa journee a un autre occupant de l'auberge, hollandais celui-la. Il regrette de n'avoir pas pu entrer sur l'esplanade des Mosquees. Un garde fermait le passage. Il a essaye de parlementer. Au cours de la conversation, le garde lui a demande d'ou il etait: d'Allemagne. "Oh je suis vraiment desolee alors de ne pas pouvoir te laisser entrer, a dit le garde. J'aime beaucoup les Allemands; vous avez fait du si bon travail avec les Juifs." Le touriste germain a senti son sang se glacer. Il a dit au revoir et est parti.
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