samedi, 21 juin 2008

"J'insulte les gens pour ne pas devenir fou"

Dans Libé de ce jour, le Journal de la semaine de Mohamed Kacimi. Dimanche, un journaliste de Jérusalem l'appelle pour une interview :

[...]
- Qu'est-ce qui vous a le plus frappé durant votre dernier séjour en Israël ?

- L'histoire de Bilal. Un professeur palestinien qui, après un doctorat en linguistique à Censier-Paris III, décide de rentrer à Naplouse. Il passe par le pont Allenby. Il tombe sur un jeune soldat qui le contraint à se déshabiller sous la pluie. En même temps qu'il l'abreuve d'injures, le soldat fouille ses bagages et tombe sur Métaphysique des tubes d'Amélie Nothomb.
    "Comment, vous connaissez Amélie ?"
    "Oui", répond le Palestinien.
    "Mais vous êtes palestinien et vous parlez en français ?"
    "Je suis docteur en linguistique et j'ai fait ma thèse sur Amélie."
Le soldat éclate en sanglots : "Excusez-moi, je suis du Plessis-Robinson, je suis membre de SOS Racisme. J'insulte les gens pour ne pas devenir fou, pour ne pas les voir."
[...]

vendredi, 30 mai 2008

Les jolies choses

The Bird and the Bee

vendredi, 23 mai 2008

Faire un maximum de bruit pour il muto

Du côté de chez Blu, traînent quelques merveilles, dont une dès la page d'accueil : Muto, wall painted animation. Le garçon est de Bologne, il a peint cette fois à Buenos Aires et à Baden, c'est Beau.

vendredi, 15 février 2008

La Shoah, elle ne passera pas par moi

À propos d'autre chose, je lis ce matin dans Libération une citation tirée du quotidien berlinois Tagesspiegel: "There is no show-business like Shoah business". Trouvaille ironique et mélancolique qu'on dirait façonnée sur mesure pour rendre compte de la dernière (en date) bouse de Zident.

Donc le ministre de l'Éducation devra faire en sorte que "chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah". Répugnant à de multiples égards.

Il n'est ni le premier, ni le dernier, ni le seul et loin loin loin s'en faut, mais en faisant cette annonce lors du dîner du Crif (tiens pourquoi y a pas de J dans cet acronyme?) il rejette loin loin loin la portée universelle du génocide perpétré par le régime nazi.
Charger un enfant de 10 ans du poids d'un enfant mort, la belle idée que voilà. Colombani, qui s'était probablement douché à la poésie ce matin, qui me fera pleurer quand il aura fini de me faire crier, trouvait cela tellement mignon d'offrir à un enfant un ami imaginaire. Au secours. Ami imaginaire, tamagochi déjà mort.
Si Sarkozy parle des enfants français victimes de la Shoah, quid des enfants juifs non français déportés depuis la France après avoir été arrêtés par des policiers français ? 
Et s'il parle de tous les enfants juifs déportés depuis la France, il en oublie 400.
Une paille.

Il y aurait tant d'autres choses à dire sur cette dégoulinade.

À cette minute, tombe, sur mes téléscripteurs personnels, la nouvelle : Simone Veil a qualifié d'"inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste" cette annonce. Ouf. Sans m'apaiser bien sûr, cette nouvelle compense un peu les applaudissements des Colombani, Halter, Klarsfeld (qui après tout doit quelquefois montrer qu'il est bien le père de son fils), Hollande ou Royal...
Hier au soir déjà, ma sœur me rassurait : elle interdira que l'une de ses filles, qui sera en CM2 l'an prochain, participe à ça.

mardi, 12 février 2008

Un silence d'environ une éternité

Boris Schreiber, écrivain détestable et merveilleux, est mort hier.

J'avais commencé par Un silence d'environ une demi-heure, récit de ses années de jeunesse au titre magnifique emprunté à L'Apocalypse de Jean. Ma lecture du second tome étant bien avancée, m'était venue, attablée dans un bistrot, l'envie impérieuse de lui écrire pour le remercier. Puis j'avais lu la partie de son autobiographie concernant son enfance. Trouver ses autres livres n'était pas toujours facile, mais ma collection s'étoffait. Entre temps, il avait répondu à mon courrier. Nous avons bu un verre à la Closerie des lilas, et prolongé la soirée dans un restaurant russe par un dîner qui m'a surtout marquée par le nombre infini de toasts qu'il a voulu porter tout au long du repas. Il m'a offert quelques-uns de ses livres, de ceux qu'il avait sauvés du pilon. Et ce fut tout.

Il avait 84 ans, rempli sa vie à ras bords.

jeudi, 24 janvier 2008

Re-miam : du journalisme !

Il y a longtemps pile poil à une poignée d'années près, existait un mensuel de journalisme qui s'appelait L'autre journal. J'eus la chance de le lire, d'y puiser, d'en rêver.

J'ai le plaisir aujourd'hui d'ajouter à mes alentours (colonne de gauche) un nouveau lien vers le blog de ce qui, me dit-on, s'appelle un mook (m comme comme magazine, ook comme book), et vous encourage à aller goûter en libriairie.

Dans une interview parue dans Libé le 18 janvier, le rédacteur en chef, Patrick de Saint-Exupéry annonce les couleurs :

"La volonté qu'on a eue, au départ, c'est de raconter une histoire du dedans, où le journaliste est quelqu'un qui voit, qui entend et qui raconte de dedans. Et ça, ça demande un peu de longueur et de détail [...] notre dossier ne commence pas par un éditorial mais par une synthèse. Nous proposons, nous ne sommes pas là pour dire aux lecteurs ce qu'il faut penser."

Tiens, tiens : longueur des articles, pas d'éditorial, pas d'objectivité from Sirius, le tout financé par les lecteurs...
Tout ça pour 15 euros, pour trois mois (soit moins de 17 centimes par jour). 

Miam : du journalisme !

Il y a deux ans pile poil à une poignée de jours près, commençait un atelier de journalisme à destination de jeunes gens citoyens de Bobigny. J'eus la chance de participer à cette petite aventure et d'y rencontrer de belles personnes.

J'ai le plaisir aujourd'hui d'ajouter à mes alentours (colonne de gauche) un nouveau lien vers la suite de l'aventure qu'ont entamée quelques-uns et vous encourage à aller goûter.